Comment passer du gris au vert

Je vais parler un peu de moi :

Née en normandie et ayant suivi des études de sciences du langage à Paris, je me suis habituée à la vie là bas et surtout les différences culturelles des nombreux élèves de ma fac. J'étais essentiellement entourée d'asiatiques, et j'en apprenais beaucoup sur leurs habitudes, ce qui me plaisait énormément.

J'ai travaillé 4 ans au labo d'une collègue de ma tante et je gagnais suffisamment pour économiser pour des vacances à la mer ou la montagne.

Seulement j'étais avec quelqu'un à Paris et ça ne se passait pas bien. Après ma rupture je me suis installée à Saint Denis pour être plus prês de l'université dont dépendait le labo. A cette époque les grêves assaillissaient les universités il était dur de travailler.

Passant beaucoup de temps sur mon ordi et internet j'ai rencontré mon chéri actuel. Petit hic : monsieur habite la gironde, et pas à côté de l'université de Bordeaux...

Une année et plusieurs remises en question plus tard, c'est décidé, je descends dans le sud.

Première stupeur : la chaleur. Arrivée en août je fais mes courses et on me dit "Vous êtes habillée comme en hiver" !!! :O Je redoutais donc l'hiver mais j'ai mis exactement les mêmes vêtements que là-haut. C'est la chaleur que je ne supporte pas. Le froid ne me fait rien.

Deuxième stupeur : la ode ou plutôt l'absence de mode vestimentaire : entre les wesh wesh habillés en sac à patate et les paysans habillés en short, difficile de passer inaperçue dans mes new rock et pantalons à chaînes de métalleuse. Obligée de changer de garde robe, la honte !

Troisième stupeur : les seuls asiatiques travaillent au restaurant chinois et n'ont aucune culture linguistique... La misère !

Quatrième stupeur : le boulot. Après 3 essais impossible de me faire pistonner dans la boîte de l'homme, et la galère pour trouver quelque chose. Enfin on me propose une saison en tant que secrétaire et pour une linguiste le secrétariat c'est comme si je sortais tout juste de la maternelle et que j'arrivais sur mars, mes compétences n'étaient pas du tout prises en compte par mes collègues qui me mettaient sur le dos toutes leurs erreurs, je n'ai pas tenu, grosse dépression, + 30 kilos... Et le gouffre. J'avais tellement honte de mon corps que j'imaginais toujours mon homme aller voir ailleurs, ce qu'il a fini par faire. De hets en bas nous voilà séparés, puis remis ensemble, puis re séparés, puis re ensemble, et là on décide d'avoir un enfant.

La petite fée arrive dans un hôpital sympa où tout le monde sourit mais où les sage-femmes sont à l'ouest de l'accouchement naturel et ne prennent pas en compte mon aversion à accoucher sur le dos ; mais elle est là, j'oublie la douleur et regarde son petit visage endormi en souriant. Voilà je suis maman et ma vie desormais va tourner autour de ce petit être fragile et adorable.

La fatigue liée à la maternité plonge notre couple dans un chaos qui aboutit à une vraie déchirure, me voilà seule avec ma fille. Mon homme dit qu'il me soutiendra mais comme il m'a dit être avec une autre femme je le fuis et lui rappelle ses obligations envers sa fille, et ne vais le voir que quand elle me le réclame.

L'orage passe 5 mois plus tard mais c'est décidé : elle et moi nous partons en normandie près de ma famille. J'ai besoin de soutien et j'ai besoin de celui des miens.

La vie en ville en normandie avec un enfant me permet de peser les pours et les contres de la vie à la campagne :

D'abord, les transports en commun. Je ne prends jamais ma voiture et ma petite fée adore prendre le tram et le bus et regarder les voitures de la plus haute fenêtre (en plus pas besoin de s'attacher)

Ensuite la pollution : c'est sûr à la campagne il y a des voitures mais moins souvent et moins de bruit la nuit aussi, moins de lumières qui font croire qu'il fait jour alors qu'il fait nuit ("maman, il fait pas nuit, regarde il y a de la lumière")

Puis, les places en crèche : Là bas j'ai eu une place tout de suite même si je ne travaillais pas, ici pas de place en crèche et une nounou sur 4 qui accepte une maman qui ne travaille que de temps en temps. L'école, où elle va actuellement, est sur deux étages et pose des problèmes d'ouverture en cas d'incendie, ils sont 150 élèves, de 27 à 30 par classe. L'école de là bas comprend 3 classes, une par cycle, et a été rénovée l'année dernière.

Le boulot : si je recommence tout car c'est clair que la vie en ville n'est plus envisageable avec une enfant, je pourrai me lancer dans un métier relevant de la vigne, il y en a plein.

Les gens : même si ils sont tous pareils on a moins de chance de tomber sur un claudo, un mendiant, un mec bourré ou une femme à poil qui hurle après son mari (heureusement ça c'était avant la naissance de ma fille mais il y avait des enfants dans la rue)

L'espace : là bas j'aurai ma chambre, un bureau, une chambre d'amis, une cuisine équipée, et un jardin. On récupère les animaux de la grand mère malheureusement

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site